«Nous ne sommes qu'au début des succès du RESCIF»

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Créé en 2011 à l’EPFL, le Réseau d’excellence des sciences de l’ingénieur de la francophonie sera désormais dirigé par l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro (Côte d’Ivoire). Le passage de témoin s’est déroulé en juillet 2018 à l’EPFL.

Il y a sept ans, 14 présidents d’universités technologiques du Nord et du Sud lançaient à l’EPFL le Réseau d’excellences des sciences de l’ingénieur de la francophonie (RESCIF). En tant qu’institution hôte et initiatrice du réseau, l’EPFL en prenait naturellement la présidence, et en assumait le secrétariat général.

Une page s’est tournée. De retour sur le campus lausannois, ces présidents –ou leurs successeurs, auxquels se sont ajoutés les représentants de deux nouveaux instituts ayant rejoint le réseau entre-temps –ont entériné le passage du témoin de la présidence du RESCIF à Koffi N’Guessan, Directeur général de l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB) de Yamoussoukro (Côte d’Ivoire).

«Nous avons eu la chance d’œuvrer à la mise en place des nombreuses activités du RESCIF, parmi lesquelles je souligne la création de plusieurs laboratoires conjoints et le développement du programme MOOCs Afrique, relève Martin Vetterli, président de l’EPFL. Je me réjouis de voir qu’une prestigieuse institution du Sud en prend aujourd’hui les rênes, et je souhaite plein succès à ce réseau, qui pourra continuer à compter sur notre engagement sans faille.»

Retour sur les premières années du RESCIF avec Yuri Changkakoti, son secrétaire général jusqu’à peu.

Comment le RESCIF a-t-il réussi à passer en quelques années d’une «simple» déclaration
d’intention à un réseau efficace et affichant déjà de beaux succès?

L’initiative de base, date Sommet de la francophonie tenu à Montreux en 2010. Micheline Calmy-Rey et Patrick Aebischer ont tous deux immédiatement poussé le projet. L’acte constitutif du Réseau au pu être signé dans la foulée. Ce qui a été remarquable, c’est le climat de confiance que nous avons réussi, dès le début, à instaurer parmi les partenaires. Et sans doute la conscience commune qu’une véritable collaboration Nord-Sud était nécessaire pour répondre aux besoins de modernisation de nos institutions partenaires.

Concrètement, comment cela s’est-il traduit?

L’un des accélérateurs du RESCIF a été le lancement des MOOCs destinés à l’Afrique –simultanément à l’engagement de l’EPFL dans cette nouvelle voie de la formation supérieure. Cela venait à point nommé, car la demande était très forte de la part de nos partenaires
africains, en raison notamment de l’accroissement de la population jeune et du besoin de former des spécialistes.

La recherche a-t-elle aussi bénéficié du réseau?

Largement! Quatre laboratoires conjoints ont pu être crées. Tous bénéficient d’une implication directe plus ou moins grande de l’EPFL. Deux d’entre eux sont encore au début de leurs travaux, mais le CURES, au Cameroun, et le CARE, au Vietnam, affichent déjà de nombreuses publications scientifiques. Des dizaines de chercheurs s’y sont rendus pour des échanges, projets et formations. Et ce n’est que le début des succès qui sont à porter au crédit du réseau: après une mise en route relativement longue, nous avons désormais de plus en plus de résultats concrets à montrer.

Y a-t-il, dans le fonctionnement du RESCIF, des choses qui auraient pu ou devront être faites différemment?

Selon moi –mais c’est un vœu pieu –il manque au réseau un peu de financement central, qui permettrait notamment d’organiser plus fréquemment des rencontres thématiques entre les spécialistes de nos différents domaines prioritaires –l’eau, l’énergie, la santé, la nutrition, l’urbanisme et l’entrepreneuriat. Ces rencontres scientifiques permettraient de développer davantage de projets et d’atteindre plus de résultats.

«Nous avons eu la chance d’œuvrer à la mise en place des nombreuses activités du RESCIF, parmi lesquelles je souligne la création de plusieurs laboratoires conjoints et le développement du programme MOOCs Afrique.»

Quelles seront les prochaines étapes?

La poursuite du programme MOOCs, que ce soit au niveau de la production de MOOCs collaboratifs ou du renforcement de capacité des partenaires. Par ailleurs, tout un programme visant à favoriser l’entrepreneuriat est en train de se mettre en place. Nous observons aussi beaucoup d’intérêt de la part des partenaires quant à l’instauration du computational thinking comme discipline fondamentale. L’EPFL pourra le «tester» dès la rentrée 2018, il est probable que les instituts membres nous emboîteront le pas, que ce soit via des MOOCs ou des cours présentiels.

Eprouvez-vous une certaine appréhension à passer la main?

Non, je suis au contraire très heureux que l’INP-HB prenne les commandes. Il était important que ce réseau ne reste pas une «chose» de l’EPFL, et que la présidence alterne entre le Sud et le Nord. J’ai pleine confiance envers mes successeurs. Notez quela présidence ne fait pas tout: même si on peut dire que le RESCIF a atteint son rythme de croisière, le maintenir à long terme reste un défi quotidien, empreint d’une certaine fragilité. Un soutien renouvelé de toutes les institutions partenaires est donc indispensable.

Les présidents des universités technologiques membres du RESCIF.

Quatre laboratoires conjoints:

CRAPU – Centre de Recherche et d’Appui aux Politiques Urbaines

CESAM – Centre d’Etude sur la Sécurité Alimentaire et les Molécules fonctionnelle

CURES – Centre Universitaire de Recherche sur l’Energie pour la Santé

CARE – Centre Asiatique de Recherche sur l’Eau

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