Comment l'EPFL favorise le transfert de technologies ?

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Depuis le 15 septembre 2018, l’Office de transfert de technologies (TTO) a un nouveau responsable. Andrea Crottini, jusqu’ici technology transfer manager, succède à Gabriel Clerc. Brevets, contrats de collaboration avec les industries, start-ups, il nous raconte le quotidien de ce service.

Pour valoriser ses résultats de recherches, l’EPFL dispose d’un service dédié : l’Office de transfert de technologies (TTO) – qui fête par ailleurs ses 20 ans d’existence. Une équipe de 13 personnes y travaille, dont Andrea Crottini, nouveau responsable du service.

Physicien de formation, il a travaillé dans l’industrie en tant que responsable R&D dans le développement de nouveaux produits. En 2011, il rejoint l’équipe du TTO en tant que technology transfer manager, spécialisé dans le domaine de la physique, des capteurs, de l’énergie et des dispositifs médicaux. Depuis le 15 septembre 2018, il occupe le poste de responsable. Pour EPFL Magazine, Andrea Crottini revient sur les missions de ce service qui reste peu connu.

Quel est le rôle du TTO ?

Nous nous occupons de la gestion et de la valorisation de la propriété intellectuelle de l’Ecole notamment via des brevets et logiciels, ainsi que des accords relatifs avec les entreprises, mais aussi de la formation des chercheurs au sujet du transfert de technologie et de la gestion de l’innovation.

Concrètement, nous déposons chaque année une centaine de demandes de brevet au nom de l’EPFL et établissons plus de 200 contrats de collaboration avec l’industrie, ainsi que plus de 50 accords de transfert de technologie avec des entreprises, dont une vingtaine de start-ups issues de l’EPFL.

Comment décidez-vous de ce qui va être breveté ?

En général, ce sont les chercheurs qui viennent vers nous pour nous présenter leur invention. Annuellement, nous avons quelque 150 déclarations d’invention qui peuvent venir aussi bien de professeurs que de doctorants. Nous commençons donc par déterminer si l’invention correspond aux critères de brevetabilité, à savoir : être nouvelle, comporter une activité inventive et être susceptible d’application industrielle. Par exemple, un moteur peut être breveté, mais pas une formule mathématique ou une théorie scientifique. Par la suite, nous effectuons une analyse des perspectives de commercialisation. En cas d’intérêt, nous déposons une demande de brevet auprès des offices nationaux.

Démarchez-vous ensuite des entreprises potentiellement intéressées par ces technologies ?

Exactement. Très vite, nous cherchons à valoriser ces résultats en accordant des licences. En acquérant des droits d’utilisation, les entreprises s’engagent à poursuivre le développement technique et commercial de l’invention. A terme, les résultats obtenus par nos chercheurs pourront ainsi bénéficier à la société.

Comme ces entreprises s’engagent à rembourser les frais de brevet et à payer à l’Ecole des redevances en cas de vente de produits, le TTO peut redistribuer les bénéfices au sein de l’Ecole et réinvestir cet argent pour d’autres brevets. Car il faut savoir que les brevets coûtent très cher. Un brevet avec une couverture sur cinq pays coûtera une centaine de milliers de francs sur une quinzaine d’années.

Vous encouragez également le développement de start-ups ?

Absolument, en plus du soutien fourni par l’unité start-up de l’EPFL, le TTO les aide notamment en phase de démarrage avec le programme Enable, qui octroie des fonds pour réaliser des démonstrateurs. Ils permettent aux futurs entrepreneurs de valider et promouvoir leur technologie tout en accélérant le transfert de l’invention vers l’industrie. Par exemple, en réduisant l’objet de l’invention à une taille raisonnable, elle sera plus facile à présenter et pour être testée par des entreprises intéressées.

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